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Encore un effort pour être catholique

  

     Frédéric Nathan-Murat.
     Avril 2007
 
Ratzinger Die Sex Zehn : Encore un effort pour devenir catholique
Ou d'une nouvelle doctrine du salut par la Raison de la foi
 
« C'est pour moi... » C'est donc sous l'égide du Moi, que notre pape nouveau, nous invite à notre responsabilité commune de faire juste usage de la Raison. C'est que le Moi, conscient de lui-même et supposé maître en sa demeure, se veut fondement de la généralité tant pour la science que pour la philosophie. C'est donc à l'expérience universitas que nous invite Benoît, pour que nous prenions en compte le déploiement historique de la rationalité objective, de la Raison historique telle qu'elle s'enracine dans l'anhistoricité du penser subjectif de la raison humaine, qui, seule en ces temps de médiatisation des ego, pourra témoigner de ce qu'il en va de la foi. Mais s’il lui paraît raisonnable de s'interroger sur Dieu, au moyen de la Raison, cela doit être fait dans « le contexte de la tradition de la Foi chrétienne. »
D'entrée, voilà qu'il nous embrouille de sa démagogie. Qui est donc ce moi qui dit nous causer, puisque son adresse va aux éminences, aux recteurs, aux excellences et à tous les mesdames, messieurs présents dans ce cadre universitaire ?
Est-ce celui d'un savant, « qui a vocation à communiquer en pleine liberté à son public les pensées soigneusement examinées et bien intentionnées qu'il a conçu sur les imperfections de ce symbole de l'église, ainsi que des propositions en vue d'une meilleure organisation des affaires religieuses et ecclésiastiques ? » (Kant Qu'est-ce que les lumières ?) ou est-ce celui d'un prêtre qui s'adresse à ses catéchumènes et exerce sa raison dans le cadre privé de sa paroisse ?
Jouit-il oui ou non, comme il y prétend quand il dit parler en son nom, d'une liberté illimitée de se servir de sa propre raison ou est-il tenu comme le lui réclame son sacerdoce au respect du dogme chrétien ? Et encore faudrait-il préciser à quelle constitution religieuse chrétienne, il se réfère et dont le caractère immuable est déjà en soi préjudiciable aux générations.
C'est que Joseph Ratzinger a enseigné la théologie dogmatique et fondamentale à l'Ecole Supérieure de Philosophie et Théologie de Freising, Bonn, Munster et Tubingen. Puis il a tenu la chaire de théologie dogmatique et d'histoire dogmatique de l'université de Ratisbonne, dont il fut vice-recteur jusqu'en 71. Par la suite, il fut préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi, auprès de Jean Paul II, d'où il usa de son influence pour promouvoir les forces politiques les plus réactionnaires parmi les élites dirigeantes du monde. Il entretient des liens étroits avec les factions ultra-conservatrices au sein de l'Eglise Catholique, telle l'Opus Déï, qui sont ouvertement hostiles au principe démocratique fondamental de séparation de l'Eglise et de l'Etat et veulent l'Eglise au-dessus de l'autorité civile. Les partis de droite sont friands de telles tendances théocratiques dans leur arsenal idéologique, pour mieux détruire les acquis sociaux des républiques.
En juin 04, après une visite de Bush au Vatican, Ratzinger préfet, publia un recueil de conseils à l'intention des évêques américains. «  Un catholique serait coupable de coopération formelle avec le mal, et de ce fait indigne de se présenter pour recevoir la communion, s'il votait délibérément pour un candidat précisément du fait de la position permissive de ce candidat sur les questions de l'avortement et de l'euthanasie. » Visant clairement Kerry, le vote catholique passa de 46 à 52 % pour Bush.
C'est que notre homme est capable de casuistique «  Il peut y avoir une diversité d'opinion parmi les catholiques sur la question de la guerre ou de l'application de la peine mort, mais il ne peut y en avoir en matière d'avortement et d'euthanasie » déclara-t-il pour justifier guerre et peine de mort.
 
I. Qu'advient-il de la laïcité à l'université ?
C'est que sa Sainteté prône l'éthique universitaire, ce savoir sobre, vérifié sur les sources, qui déploie un souci de rationalité des arguments, un respect de l'adversaire, dans une disputatio réglée. Bien sûr les universités, à partir du XI siècle, doivent leur existence à la papauté et la théologie, avant même la médecine ou le droit, en est la science la plus digne, puisqu'elle interroge les concepts de Dieu et de l'Existence. Ainsi ce juste usage de la Raison a vocation, sans le dire, de justifier les enseignements   catholiques et donc privés. Ceux-ci n'ont d'ailleurs aucune hésitation. Déjà très investis depuis des siècles dans l'immobilier, dont la spéculation n'est jamais que le plus formidable système maffieux pour détourner la force de travail des citoyens, en spéculant sur les biens de première nécessité, qui les entretiendront dans la terreur de perdre leur logement, un toit pour toi et moi, voilà qu'ils réclament à corps et à cris, plus de subventions publiques, pour s'adapter aux nouvelles normes de sécurité, toujours plus légitimes en ces temps d'abandon de l'éducation publique, on ne sait pourquoi toujours nationale.
 
Pourtant, l'enseignement privé n'a pas à se plaindre, puisque notre gouvernement lui à récemment reconnu le droit, jusqu'ici réservé à la seule école publique, laïque de la république, de décerner des diplômes de doctorat universitaire. Et l'on est d'autant plus surpris d'une telle mesure que, dans le même temps, l'Etat prétend combattre la résurgence des sectes. Les psychanalystes eux-mêmes, ont été invités à participer à ces agapes au nom de la Raison raisonnante et nombre d'associations se sont abandonnées à la tentation de délivrer garantie de formation, là où la passe a vocation à maintenir béante la prolifération du discours inconscient.
 
Les identités religieuses tentent de reconquérir l'espace abandonné par les identités nationales, qui blêmissent aux incontournables coups de lune des unions. Et le soleil de la mondialisation joue de leurs desseins en se confondant avec le fond de leur vocation. C'est que les églises se veulent universelles et ne redoutent en rien le sujet de la science comme sujet de la connaissance, puisqu'il n'est quoi qu’il en soit, que sujet de certitude subjective sur son ici et maintenant, ce qui ne résout en rien les questions de son au-delà. Dès lors la Foi se glisse allègrement dans le lit de la Raison, y répudiant la laïcité renvoyée au séculier.
La Religion, sans frontière, profite de la prime allouée à l'Etat, pour parachever la déliquescence que vaut à ce dernier, les excès d'un libéralisme des états de droits individuels, qui ne profitent en dernier ressort, qu'aux clans et aux maffias. Et la laïcité se retrouve gros jean d'un productivisme religieux.
 
II. Djihad.
Bien sûr, avant de se pencher sur leur noce, force est de rappeler, sans la nommer, la seule loi humaine, celle de la parole, dont le fondement nécessaire exige le renoncement à tuer. Car c'est bien elle qui articule « les trois Lois, les trois ordres de vie » évoqués par notre Pape nouveau : Ancien et Nouveau Testaments et Coran. C'est qu'il y tient aux livres, mais pas au point de nous en parler et risquer devoir expliquer tous les passages de la Bible où Yahvé appelle son peuple à la violence contre ses ennemis. Pas plus ne s'attarde-t-il sur l'Ancien, où il redoute sans doute de rencontrer lilith, préféré par Dieu à Eve. Non, sa croisade s'adresse à l'Islam et à ses Djihad. Ce qu'il en retient, c'est le Réel de la violence guerrière, qui prétendrait comme Mahomet diffuser la Foi par l'épée. Sans le dire, il fait allusion aux attentats du 11 septembre, qui en sont pour lui le paroxysme, valant déclaration de guerre religieuse, effaçant d'autant la dimension plus politique, d'un anti-américanisme, d'un anti-occidentalisme, qui eux-mêmes masquent déjà les luttes contre un Libéralisme totalitaire, dont la divinité est la main invisible du marché. « Dieu n'apprécie pas le sang. »
« Jésus n'est pas le fils de Dieu, c'est un prophète de l'islam !» criait les manifestants musulmans en voyant ce « pape sournois » pénétrer l'ancienne basilique byzantine, devenue mosquée à la chute de Constantinople et rencontrer le patriarche orthodoxe Bartholomé I°. Ne cherche-t-il pas à constituer une ligue chrétienne contre l'islam ?
Il faut dire qu'après les échanges massifs de 1924, (1,3 million de personnes déplacées entre Grèce et Turquie), les pogroms de 1955 et la crise chypriote de 1974, les Chrétiens d'orient, arméniens et Grecs orthodoxes ont fondu sur la marche de l'occident. De même depuis les années 80, au plus fort des querelles turco-kurdes, les départs pour Istambul, voir pour la France se sont fait exode pour les Assyro-chaldéens et les Chrétiens d'Irak et d'Iran. Mais en Turquie, ils sont devenus la proie facile non tant des islamistes, que des « loups gris », ces milices d'extrême droite ultra nationaliste.
Bien sûr, si le patriarche Bartholomé I°, qui n'a pas de statut juridique ecclésial international et si son clergé reste confiné dans l'île des princes en mer de Marmara, il en sera bientôt fini de ses ouailles. Mais c'était la vocation de Vatican II de mettre fin à des siècles d'anathèmes entre catholiques et orthodoxes. Or la violence des propos de Benoît sur l'islam ne font qu'exacerber la difficile cohabitation quotidienne, au point que pour bon nombre de chrétiens orthodoxes, Benoît n'est que « le simple évêque de Rome ». Les communautés vont-elles s'éteindre et le peuple advenir sans terre, alors que les tensions s'apaisent sous les efforts démocratiques, qui tentent de faire entrer la Turquie dans l'Europe ?
Pour notre amateur de « disputatio » « repenser et affirmer les lignes maîtresses, inaliénables de notre Foi chrétienne » est plus essentiel encore que de poursuivre avec constance Vatican II.  
 
« La Foi est le fruit de l'Ame et non du corps » pour convaincre l'on ne peut menacer. Pourtant s'interroger sur les raisons de la conviction d'Abraham de sacrifier son fils Isaac ou Ismaël, selon la théologie où l'on se situe, n'a rien d'évident. Mais il récuse totalement l'idée que pour un non intégriste, le Djihad puisse avant tout représenter l'effort intérieur de la Foi, qui s'incarne dans la vie du croyant. La volonté de Dieu révélerait-elle quelques perversités ? Non, c'est que dans la doctrine musulmane Dieu est absolument transcendant, au point que « sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. »
De ce point de vue, on ne peut lui jeter la pierre, puisqu'il est vrai que l'islam relève d'une logique pratique, qui asservit la politique des Etats à l'autorité religieuse, qui définit la Charia, loi religieuse, au détriment d'une possible loi civile.
Et si « Dieu n'y serait même pas lié par sa propre parole » et « qu'il pourrait nous tromper sur la vérité, » il n'en critique pas pour autant la dimension moïque de l'effort intérieur d'un sujet qui ne serait divisé par aucun Autre, quand sa question est pourtant bien de parler au mieux de Dieu.
 
III. Du Dieu du buisson, à l’universalité de l’esprit.
Pauvre logique du verbe, qui prétendait suffire à faire loi, propre à constituer le sujet comme son support. Elle pensait se contenter de la révélation de ne tenir que de son expression, suffisant à poser qu'il n'y avait pas d'univers hors langage. Dieu est mort, la loi constitue le sujet, voilà qu'il en vient à l'insu sur une logique plus catholique de l'incarnation par l'œuvre. « Agir contre la Raison est en contradiction avec la nature de Dieu. »
C'est que Dieu est Logos, Raison et Parole à la fois. Mais il n'en conclut pas pour autant que la foi serait en la parole, qui en réclame tant pour être soutenue, si ce n'est en la parole ultime à définir le concept biblique de Dieu, dont Jean nous à fait don, dans une synthèse de l'Esprit, où l'Esprit biblique acquière la noblesse d'une majuscule Grecque.
C'est que le Dieu du buisson ardent éloigne les divinités « en affirmant uniquement son Je suis, son être », tel Socrate dépassant le mythe lui-même. Aperçue dans le buisson, entendue dans le sacrifice, cette extériorité devient pour l'esprit l'ordre spirituel, qui permet à la raison de connaître Dieu en Esprit et en Vérité.
La substance de la religion, c'est Dieu, Esprit Universel, Absolu, Essentiel. L'Esprit est lui et l'aspiration de la nature en lui, nous disait déjà Hegel, cet autre théologien philosophe au christianisme réformiste. C'est que l'Universalité de l'Esprit, qu'il soit philosophique ou religieux est absolue et pénètre tout.
« L'Esprit est libre, car il est auprès de Soi. Sa nature consiste à empiéter sur l'Autre, de s'y retrouver, de s'y réunir à lui-même, de s'y posséder et d'y jouir de lui-même.....
L'Esprit qui entend ainsi l'Esprit absolu est l'esprit subjectif. Il trouve unité dans la détermination de soi-même et celle de l'Autre. Il est universel et son propre objet. Ainsi, il se détermine et devient particulier....L'un empiète sur l'Autre, le pénètre et en lui revient à soi. L'Autre est son Autre et cet autre, le sien et lui-même font un. »
Serait-ce là, le trajet de la pulsion vu par Hegel, quoi qu’il en soit on y entend bien la façon dont Autre et sujet se barrent l'un l'autre. « Le sujet se réalise dans la perte où il a surgi comme inconscient, par le manque qu'il produit dans l'Autre. » Dit Lacan. Et ça n'est pas pour que la relation ne cesse de s'y alimenter de ses reflets scopiques. «  Le signifiant se produisant au lieu de l'Autre, y fait surgir le sujet de l'être qui n'a pas encore la parole, mais c'est au prix de le figer. »
Mais si notre Pape nouveau conclut de cette connaissance de Dieu, à une philosophie des lumières, c'est pour ne tourner en dérision que les divinités des mythes, œuvre de la main de l'homme. C'est qu'il récuse de pouvoir y entendre que Dieu ne puisse être que l'effet du Dire oublié, qui préside à la fonction signifiante, dans ce qui se dit, de ce qui s'entend, où l'homme, dans la relation à l'autre, précipite les emportements de ces appétits de connaissance, au rythme pulsatile de ses pulsions sexuelles.
IV. Les noces de Logos et de la Foi.
Quand la raison ne peut pas ne pas se faire parole.
Mais voilà qu'il nous invite maintenant à venir voir les noces alexandrines des authentiques lumières philosophales du Logos avec la Foi, dans l'étape spécifique de l'histoire de la révélation dont témoigne la Septante, cette traduction Grecque de l'Ancien Testament hébreu. C'est qu'il veut avant tout combattre les mythologies, celle ici, d'un Dieu réduit à la volontas ordinata, d'un Dieu arbitraire éternellement hors d'atteinte, pour la vision d'une véritable analogie entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur, éternel, (qui tient déjà sa majuscule) et notre raison créée (minuscule). Car c'est comme Logos que Dieu agit plein d'amour en notre faveur et même si l'amour perçoit plus que Logos, il reste tout de même amour du Dieu Logos, précise-t-il.
Comment pourrait-il mieux dire, que sans le savoir, la castration inhérente à l'imaginaire Logos de la Raison, du fait de sa sainte trinité, qui lui impose des obligations symboliques, morales d'Ethos dans le Réel de sa rencontre au Pathos de ses pulsions. C'est que le Pathos dans le Réel des effets de ses aliénations, effraie de ses aberrations, qui font de l'homme, dans ses capacités d'adaptation et d'assimilation, la créature la plus monstrueuse de la planète.

 


Mais où donc pouvait bien se trouver Dieu pendant ce temps là ? Partout, nulle part ? Fallait-il qu'il ait même consistance, quand il se prélassait à faire littoral, qui se créait en tout instant, en tout lieu, bord à l'ensemble vide, qui présidait à l'uni-vers humain ?                                                                  
Car Dieu merci, le Dieur de l'inconscient, le lieu-Dieu du Dire, s'impose comme ce qui cloche et la Logiké latréia, qui accorde verbe éternel et raison, ne peut faire l'impasse sur les inexpiables       imprévus sexuels qu'elle produit. C'est qu'incontournablement l'universel ne se soutient que d'un singulier qui le nie et qu'inexorablement chacun y va de son mythéme, de sa façon de découper, de lire, ce qui s'inscrit à l'insu dans ce qu'il entend. Là, les ruses de la raison se jouent volontiers de    notre petit prématuré de la raison, pour le bercer de sa méconnaissance. C'est que la Raison a beau poser son principe d'identité, qui ne réussit qu'à réitérer par un dire qui tait, l'assertif du Dire, « j'entends par jugement vrai, un jugement qui attribue à l'objet la propriété qu'il possède. »      (Lukasiewicz), ne pas tolérer la contradiction, son lent gage ne cesse de produire pourtant que d'éternelles différences.

Mais Ratzinger Die Sex Zehn dès l'origine et jusqu'au bout sait ce qu'il veut. Il nous faut donc l'entendre « sujet de la méconnaissance, joué par la ruse de la Raison, celle qui porte en elle l'effet de langage, ce vers de la cause qui le refend. » Lacan
Ces noces biblico-greques ont créé l'Europe et derrière leur origine orientale, le christianisme qui en fût l'issue, avec son patrimoine romain, en est bien le fondement, affirme-t-il donc avant d'exposer son dilemme face aux trois époques de dés-hellénisation.
V. Première dés hellénisation : La Réforme.
La première apparaît nous dit-il avec les postulats de la Réforme. C'est qu'il fallait libérer la Foi de la systématisation philosophique qu'elle subissait, pour qu'elle retrouve sa forme primordiale de parole biblique vivante.
Tentons d'y voir clair. Entre religion et science, l'identité est au formel, même si elles ne sont pas toujours du même avis sur les forces et causes qui président à la matière. Entre la religion et la philosophie, l'identité est au substantiel, à Dieu, à l'Esprit, à l'Absolu. Car le substantiel qui meut et résiste se constitue pensée, pose Hegel. La philosophie est la science des pensées nécessaires dont l'enchaînement et le système est la connaissance de ce qui est vrai et pour cette raison, éternelle et impérissable. Quoiqu'il en soit toutes trois se rejoignent, dans leur souhait de connaissance de l'essence du monde, de la vérité, de l'idée absolue. Au point qu'a l'Autorité ecclésiale qui légiférait droit public et droit privé, se voit substituées une théologie et une jurisprudence devenues sciences positives.
La philosophie se veut savoir comme tel, repliée sur lui-même, qui s'appuie sur la connaissance de l'Esprit et ne s'en tient à aucun donné. Et même si l'esprit n'était qu'un moment de symptôme entre la philosophie et le savoir, la religion ne voyait là, que les prétentions de la sagesse du savoir à vouloir faire la morale à la vérité révélée. Tout cela n'était que connaissance finie, détachée de l'Esprit de Dieu. En fait la différence n'était que de point de vue. Si Dieu était tout puissant, c'est parce qu'il était puissance instituante, cause première.
Et il fallut attendre la philosophie scolastique pour s'autoriser à aller chercher dans l'observation de la nature, les causes générales dernières des choses. Avec la Renaissance, les idées générales de la métaphysique rebondirent dans les matières empiriques, s'attaquant à la morale comme à l'Etat, voire à Dieu lui-même que Spinoza réduit Natura.
 
Luther lui, s'en prenant à l'église apostolique et romaine, dénonce les indulgences et réclame, par dazibao cloué à la porte du château, qu'on en revienne à l'esprit de l'épître de Saint Paul. Sus au régime de la loi, place au régime de la grâce.
Le Luthérianisme c'est 1° La reconnaissance de la bible comme seule autorité en matière de Foi.
2° Une doctrine fondée sur le péché originel et le « serf arbitre » dont l'homme ne peut être libéré que par la Foi et la Grâce. Foi non historique, mais luthérienne réclame Hegel, aperception du substantiel de l'esprit, certitude immédiate, identité de l'esprit. L'Esprit s'engendre, témoigne de la conscience de son unité avec son objet, en étant lui-même son objet et si la représentation sensible lui vient de l'extérieur, quoi qu’il en soit, il en témoigne, au risque de rester coincé dans son narcissisme que la religion méconnaît. Avec la psychanalyse, on conçoit bien qu'il s'agit d'être dupe de la bonne façon de notre incontournable aliénation à la loi de la parole, mais c'est surtout afin de mieux s'en servir, mon enfant. Et dès lors, mieux vaut que ça pulse entre la lettre et l’esprit.
3° L'acceptation de deux sacrements, baptême et eucharistie dans la consubstantiation.
( Cela expliquerait-il le règne des mafias au nouveau monde, puisque ces sacrements n'ont besoin que de parrains et non de témoins comme, par exemple, pour le Saint sacrement du mariage ?
4° Le retour à l'église primitive avec une critique de la hiérarchie ecclésiastique, comme des vœux monastiques. Là, notre nouveau pape n'est plus du tout d'accord. L'ordination de prêtres, femmes ou homosexuels restent un point de divergence sérieux entre église anglicane et église catholique, malgré leur récent rapprochement sur l'Autorité de Marie.
Mais si, Ratzinger Die Sex Zehn nous renvoie au début du XVI°, en ces temps de début de révolution religieuse, il passe sous silence le fait que la raison d'Etat sera la seule réponse politique à la déraison belliqueuse de la Foi dont témoigne l'affrontement des confessions. Si les réformateurs ne furent pas assez fort pour l'emporter, les Catholiques dominants n'en devinrent pas moins le parti de l'étranger, de l'Espagnole et seule l'autonomisation religieuse du principe d'ordre collectif, qui vint s'incarner dans l'Etat souverain, celui de l'Etat du Roi de droit divin, put desserrer l'étau.
L'Autorité collective devenue éminente était fondée à se subordonner les choses sacrées. Cet absolutisme fut le préalable au respect des consciences.
1682 Officialise la soumission des Catholiques au Roi du droit d'Etat, aux dépens de l'autorité du pape, 1685, l’édit de Nantes, liquide le compromis, auquel la réforme avait contraint de s'accommoder. Mais au moment où le pontificat se veut royal, la « glorious révolution » de 1688 renverse sans coup férir, de l’autre côté de la Manche, l'absolutisme de droit divin.
1762 Le « contrat social » de J.J.Rousseau achève l'appropriation démocratique de la souveraineté absolue. Après la réaffirmation gallicane et absolutiste des légitimes prérogatives du souverain temporel en matière d'administration des choses sacrées, la réappropriation du principe de la souveraineté au profit de la nation réclame les Lumières, aboutissant en 1790 à une constitution civile du clergé.
 
VI. Deuxième dés hellénisation : La théologie libérale.
Notre pape nouveau en vient donc à la deuxième période de dés hellénisation, celle de la théologie libérale du XIX et XX˚ , dont Adolf von Harnack (qui dit mieux !) est l'illustre représentant et qui soutient que la théologie est quelque chose d'essentiellement historique et donc scientifique.
La réflexion centrale de cette théologie est le retour à l'homme Jésus et à son message simple qui précède toute théologisation, toute hellénisation et donne congé au culte en faveur de la morale, sommet du développement religieux de l'humanité.C'est qu'Harnack veut ramener le christianisme à la raison moderne en le libérant de la Foi en la divinité du Christ comme en la Sainte Trinité de Dieu.
« Son enquête sur Jésus n'est autre que celle de l'expression de la raison pratique, avec son auto-limitation moderne de la raison, exprimé dans les critiques de Kant. » dénonce notre pape nouveau. Cette conception fait synthèse entre Platonisme, Cartésianisme, structure mathématique de la matière, avec sa rationalité intrinsèque, « qui rend possible sa compréhension et son utilisation dans son efficacité opérationnelle » et empirisme, « qui envisage l'utilisabilité fonctionnelle de la nature selon nos objectifs », en s'appuyant sur les certitudes décisives de l'expérience.
C'est que le Christ à dit « n'êtes-vous pas plus que des moineaux? » La Raison était donc révélation plus haute que la nature, qui permettait de mieux connaître Dieu. Ou alors, c'est que la religion était révélation divine, vérité donnée à l'homme, que la raison ne pouvait tirer d'elle-même et qui l'obligeait humblement à se résigner. Mais alors le Christ ne faisait-il pas partie de la doctrine, vérité éternelle en soi et pour soi ? Pourtant, il était le fils de Dieu et faisait partie de sa nature divine, car ce qu'il met en jeu est le contenu de la révélation, la vérité en tant qu'objet sensible, entièrement présente avant de devenir première forme de la conscience. Et il en allait déjà ainsi du Dieu du buisson, comme de celui du désert.
Le Christ n'a-t-il pas dit "Quand je ne serais plus avec vous, l'Esprit vous guidera en toute vérité." Mais aussi, "Je suis auprès de vous, tous les jours, jusqu'à la fin du monde." Le personnage n'est plus historique, car dans le recueillement, le sentiment de sa présence domine. Celui qui ne parle que de raison finie humaine ment à l'encontre de l'Esprit, qui infini, ne se perçoit qu'en lui-même, en son infinité Réelle présente dans la communauté.
Et par les temps intégristes qui courent, des députés polonais réclament sur le trône spirituel de la Pologne, Jésus, le Roi des Rois, le Seigneur parmi les Seigneurs, ainsi que la référence au christianisme en préalable à la constitution européenne à laquelle leur pays vient tout juste d'adhérer. Parallèlement à cette demande, le premier prélat de Pologne est contraint de démissionner, à la suite de la révélation de ses accointances avec la police politique des régimes communistes d'avant la chute du mur.
Comment trouver au champ de l'Autre, un signifiant qui suffirait à représenter le sujet, sans que celui-ci ne soit renvoyé à un autre signifiant ?
"Cette aperception de soi-même est la Foi, qui fait se comporter à l'égard de l'esprit divin, comme vis-à-vis de soi-même. Elle n'est pas le substantiel objectif de Spinoza, (immanent à un Dieu Natura), mais la substance qui sait, conscience de Soi, qui se reconnaît dans l'esprit divin et s'y infinitise.", nous dit Hegel.
L'homme n'est-il pas éclairé par le Saint Esprit, son phosphore inflammable, sous l'autorité de la Foi ? Dans la religion, l'esprit est sensible, il a la Foi et la pensée si, elle y est mêlée, reste extérieure. Deux moments à cet avènement de la pensée :
-         Une forme objective. Une détermination de la conscience, où l'esprit essentiel Absolu est comme extérieur à l'esprit subjectif. Il apparaît comme objet historique ou forme de l'art.
-         Un contenu subjectif, le recueillement. L'esprit ne fait qu'un avec l'objet, L'individu est entièrement pénétré par l'esprit.
Dans la philosophie, le même contenu est conçu pensée. La pensée objective perd son objectivité en unifiant contenu et forme. Là où la religion voit double dans l'objectivité de la transcendance, la philosophie voit de l'un, dans sa spiritualité immanente. La quête de l'absolu, du viagräal trompeur est pour cette dernière, intérieure. Quoiqu'il en soit pour l'une et l'autre, l'existence précède l'essence, là où pour la psychanalyse, le jugement d'attribution précède le jugement d'existence.
"La vérité n'est rien d'autre que ce dont le savoir ne peut apprendre qu'il le sait, qu'à faire agir son ignorance.", dit Lacan.
Le savoir absolu se fait la conjonction du symbolique avec un Réel dont il n'y a plus rien à attendre, puisque le sujet est déjà là, hypothèse du procès et de tout le procès lui-même.
Historiquement la pensée apparaît d'abord intérieurement, à côté des représentations de la religion, sans conscience, puis s'appuyant sur elle-même, elle se fortifie, devient hostile à la religion, refuse d'y voir sa propre notion en ne cherchant que soi.
La philosophie moderne est née dans le monde chrétien, l'esprit y est un. « Dès lors la forme
particulière de la religion, que constitue le protestantisme est nécessaire à appréhender l'essence de l'esprit universel, sous la forme de la conscience représentative, qui s'arrête à l'extérieur. » dit Hegel Elle contient tout ce qui est mythique, historique, toute la partie positive, qui donne accès à l'intelligibilité, à l'objectivation pour la conscience, de l'essence renfermée dans le témoignage de l'Esprit. Représentation de l'être-là sensible et pensée raisonnable.
Dans le Catholicisme, la pensée est d'abord liée à la forme et donc aux dogmes des pères de l'église. Elle ne deviendra système qu'aux mains des pères philosophes, Luther reprenant Saint Paul en fixera la présomption absolue. Ce n'est que plus tard qu'apparaît l'opposition entre la Foi et la Raison. La libre pensée ne tolère pas l'Autorité, puisque sa raison lui réclame assentiment.
La religiosité protestante résulte donc de la conviction personnelle, loin de l'Autorité des dogmes. La théologie se doit d'y être science de la connaissance de Dieu et du rapport de Dieu à l'homme. L'homme doit aimer Dieu en Esprit, trouvant conciliation à la philosophie. Le témoignage renferme la liberté de l'esprit, ce qu'il tient pour vrai.
La Foi en la Vérité se doit d'être la conviction en la Vérité. Car le besoin de la philosophie et de la religion sont une seule et même chose, rechercher ce qui est vrai. Two in one like libido, qui elle ne s'y trompe pas quant au mi-Dire de la vérité.
Mais le conflit fait rage. Comment la Raison philosophante va-t-elle tolérer quelque chose qui lui serait supérieur ? Comment la religion va-t-elle rester concrète, si elle ne peut plus recourir aux dogmes , tout en se devant d'annoncer la révélation divine et la connaissance de ce que Dieu est ?
Si la Raison concrète s'oppose à l'entendement abstrait, le protestantisme réconcilie la représentation religieuse avec la vérité, sous la forme que développe la Raison.
 
Et l'on peut suivre au Nouveau Monde comment la Raison mène son monde. L'ascèse monastique des textes s'y est transmutée ascèse mondaine des métiers, puis de la réussite, avant de finir ascèse du pur profit en toute mondanité ! Mafias abstraites et sectes concrètes !
Que voulez-vous, la constitution des Etats se fonde sur la manière dont l'esprit comprend son rapport à la liberté. Ainsi la conscience qu'un peuple a de sa liberté s'instruit de l'idée que l'Etat et le peuple se font de Dieu. La philosophie grecque ne pouvait se produire en Orient où le principe de liberté n'était pas encore celui du droit. Ainsi naquirent les théocraties orientales. Là, la liberté subjective, morale, le droit et la volonté sont perdus, car là, la religion s'y est fixée elle-même, subordonnant la liberté séculière.
Quand la religion se tient à l'écart, pour soi et regarde la vérité  comme une chose qui ne saurait être immanente à la liberté humaine, elle la nie.
 
Quoiqu'il en soit, si notre pape nouveau en revient à « la certitude dérivant des mathématiques et de l'empirique, qui permet de parler de science », c'est pour mieux insister sur le fait que la méthode exclut la question de Dieu, faisant mieux apparaître le caractère ascientifique, voir pré-scientifique de cette dernière. Comment la science pourrait-elle répondre aux questions « d'où » et « vers où » ? Religion et Ethos « ne peuvent trouver place dans la Raison commune, » car elles relèvent du subjectif et plus encore de la conscience, seule instance éthique. Bien sûr, leur force de créer communauté tombent sous l'arbitraire personnel et dès lors Sa Sainteté se sent légitime à en conclure à l'insuffisance d'une éthique basée sur les règles de l'évolution, comme si c'était là la question.
 
Mais en Occident, l'industrie supplante la Raison. La séparation des Eglises et de l'Etat s'inscrit dans le grand mouvement libéral de la modernité juridique, qui dissocie la société civile de l'Etat, les intérêts privés de la vie publique. Si le concordat 1801 officialise la domination de l'Etat sur l'Eglise, celle-ci reste prédominante dans l'Etat jusqu'en 1905 Loi de séparation. Celle-là même que le présidentiable de la droite aimerait tant revisiter. C'est que la République rend la volonté législatrice et l'intérêt général exécutif. Or la démocratie libérale s'est installée avant tout au moyen de l'autorité de l'Etat. Et si la puissance temporelle de l'Eglise trouve sa prééminence spirituelle, l'Etat se doit de rester responsable de la suprématie morale et enseignante, du fait des intérêts collectifs.
En ce début de XXI ° siècle, mieux vaut éloigner la superstition de la justice.
La question était celle avec Kant, d'une éthique qui précède la croyance en Dieu et mène pratiquement à la religion qui est la connaissance des devoirs comme commandements divins.
C'est qu'il s'agissait de découvrir les substituts rationnels de ces notions religieuses, sans tomber dans la religion civile, comme c'était le cas au Nouveau Monde, où l'union s'était construite « Under   God » afin de neutraliser les susceptibilités confessionnelles.
En France l'école devint l'institution clé, lieu d'apprentissage du civisme, où se transmet le sens de la dette sacrée envers la primauté du collectif. L'idée même de la politique, de la puissance des hommes de décider collectivement de leur destin s'installe alors, offrant des lois hors de l'étreinte du divin. « La république rallie les fidèles en les détachant de leurs pasteurs » écrit M.Gauchet.
L'autonomie se fait collective, laissant la croyance à l'individuel. La loi, produit de l'homme, affirme la transcendance de sa liberté. Le salut se veut terrestre.
Et l'on a lieu de s'inquiéter des coups de butoirs infligés ces derniers temps à l'école publique, sous les assauts d'un gouvernement qui instruit surtout, pour le plus grand nombre, l'enfer sur terre. La théocratie, qui avait réssucité idéocratie, s'est effondrée avec le mur, entraînant avec elle toute idée du service public.  
Comment la politique peut-elle donc survivre à la mort de son autonomie collective, qui la réduit toujours plus aux stricts intérêts privés ? La psychanalyse forte de sa découverte que, ni il n'y a de Métalangage, ni il n'y a pas de Métalangage, pourrait être une visée inspiratrice à concevoir qu'une société réclame de préserver une autonomie collective, même si il faut aussi qu'il n'y en ait pas. Car le démantèlement systématique actuel de tous les acquis sociaux peut faire craindre de nouveau, les pires autothéocraties autoritaires comme celle qui soutient « l'Amérique on command ».
D'autant qu'une autre leçon de la psychanalyse est de nous apprendre, qu'avant que Logos et Ethos puissent se rencontrer, encore faut-il qu'ils aient cessé de se complaire dans le Pathos. Malheureusement la leçon libidinale des enjeux pulsionnels échappent autant à la philosophie qu'à la religion.
 
L'héllénisme fut-il une acculturation pour l'église antique, interroge-t-il alors ?
Non pas pour s'interroger sur l'articulation entre les devoirs imposés par la loi écrite de Moïse et la révolte permises par la loi non écrite d'Antigone, ce qui contraindrait à se pencher sur la part d'obligations, comme y insiste Bentham, que recèlent les droits, fusent-ils d'être au bonheur de l'homme, mais pour exclure la question, puisque la Bible, le Nouveau Testament, fut écrit en grec, ce qui lui permet de poser que la recherche de la Raison fait partie de la Foi elle-même, conformément à sa nature.
Conclusion, certes il ne s'agit pas de revenir avant les Lumières, énonce-t-il, dans une formule que l'on nomme généralement dénégation, car s'il revendique un Ethos scientifique à l'esprit chrétien, si friand de volonté d'obéissance à la vérité, c'est pour mieux passer sous silence la question d'un Ethos juridique, soit plus conforme à son fondement, mais qui le contraindrait à couper de laïcité son vin de messe. A le lire, sa préoccupation ne va qu'à « franchir la limite auto décrétée par la Raison, à ce qui est vérifiable par l'expérience. » Et puisque l'obligation éthique inhérente aux droits de l'homme est si volontiers évacuée par les laïcs eux-mêmes, il peut d'autant plus aisément la réduire, pour y substituer la théologie, cette interrogation sur la raison de la Foi, aux seules fins de faire entrer cette dernière à l'université aux côtés des sciences.
C'est qu'il aimerait tant pouvoir revenir sur la séparation de l'église et de l'état.
 
VII. Côté Foi.
Côté Foi, nous n'avons pas à nous plaindre. Déjà préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi, Ratzinger Die Sex Zehn, n'avait rien à redire à la messe en latin, dite liturgie tridentine de saint Pie V, pourtant considérablement limitée par le concile de Vatican II, 1962-65. Certes, d'après la constitution conciliaire sur la liturgie, le latin et le chant grégorien restent la norme officielle de l'église, mais la part faite à la messe vernaculaire (en langue locale) simple dérogation à la règle est vraiment trop belle. Les années 70 n'ont-elle pas vu fleurir les pires fantaisies liturgiques ? Rien d'étonnant donc à ce que notre pape nouveau, convaincu que la crise de l'église repose largement sur cette désintégration de la liturgie, ne rejoignent les positions des intégristes qui veulent rehausser le caractère sacré du sacrifice de la messe. Et puis ce Concile prône aussi l'œcuménisme, cherchant l'établissement d'une égalité entre les religions.
 
Quelle sera donc la teneur des homélies latines ?
Philippe Laguérie, 54 ans, ordiné prêtre par Monseigneur Lefebvre, exclu pour dissidence de la fraternité Saint Pie X, vient d'être ré intégré par Ratzinger. Sous son inévitable soutane noire des catholiques intégristes, il célèbre la messe en latin et flirte allègrement avec l'antisémitisme et l'islamophobie. Que voulez-vous, il faut bien neutraliser les déambulations inattendues de la lettre, cette question constante du judaïsme, qui ne cesse de pousser à vouloir parler de sexe. Il est donc aujourd'hui, intronisé supérieur général de la nouvelle fraternité du « Bon Pasteur », directement sous l'autorité de Rome, qui l'invite à engager une critique sérieuse et constructive du concile Vatican II, qui fait la part trop belle à l'œcuménisme avec les Protestants. Récemment il fut l'avocat auprès de Dieu, de Paul Touvier, ce milicien français nazi condamné pour crime contre l'humanité. 
Lors de son homélie à Saint Nicolas du Chardonnet, première église intégriste de Paris, où les femmes sont priées de prier voilées, il énonça : « Devant le tribunal divin, il n'y a pas de média, ni de coups médiatiques, pas de communistes, pas de Franc-maçonnerie, pas de partie civile et pas de LICRA. » A bon entendeur, salut !
 Si une troisième chapelle intégriste, la fraternité sacerdotale Saint Pierre, a été crée en 88, cette tentative de réintégrer les brebis galeuses intégristes continue de faire chou blanc, puisqu'à ce jour seulement quatre prêtres intégristes sur quatre cent soixante sont rentrés dans le rang. 
La mouvance traditionaliste est massivement française, (80000 sur 200000). Elle puise ses racines dans l'Action Française de Charles Mauras, extrême droite et antisémitisme. Aristocraties militaires, bourgeoisie de tradition et catégories populaires, agriculteurs, commerçants et fonctionnaires, trouvent dans la fraternité traditionnelle, une protection contre la modernité cosmopolitique. La France se devant d'être catholique s'appuie sur la montée des valeurs d'ordre et d'autorité. Ainsi les dénonciations d'apostasie à l'encontre des Chrétiens qui s'aménagent la religion à leur convenance se doivent d'être actives dès le réveil, selon une posologie tri quotidienne, afin de sanctifier chaque étape de la journée, qui se conclura par un court mais « objectif » examen de conscience en famille. Face à l 'emprise de la sécularisation, la Raison stratégique se doit de rassembler. Le Christ n'a-t-il pas recommandé que l'église soit une ? Force était donc de réintégrer ses brebis galeuses.
Mais les évêques de France sont consternés par cet abandon de Vatican II et réclament que le respect de la hiérarchie épiscopale s'impose aussi canoniquement à ces instituts traditionalistes. Pauvres évêques qui se voient contraint de tendre la main à des prêtres qui couvrent d'injures et n'hésitent pas à faire le coup de poing pour s'emparer des paroisses. Mais notre pape nouveau n'en a cure, puisqu'il souhaite mettre fin au schisme des intégristes de 1988, au risque même que cette biritualisation n'exacerbe les oppositions. Et tant pis si laïcs et prêtres s'offusquent de cette liturgie d'un autre âge, qui prétend à la reconquête sur le net, par le biais de convertis récents, totalement ignorants sur le plan religieux, mais ultra-identitaires. Après les musulmans, Ratzinger veut-il s'attaquer à la fille aînée de l'église ? L'œcuménisme doit-il céder le pas à la nécessité de serrer les rangs ? En vue des futures guerres de religion ?
Une église Catholique Romaine, intégriste, sous l’autorité du « Führer Princip. » accoquiné à l’église Anglicane, voir aux différentes églises Protestantes, Baptistes, Méthodistes, Anabaptistes, puisque les Protestants n’ont pas de Pape. Amen ! Car la Foi dans le christ n’est autre que celle de la prédestination, qui trouve son apogée politique dans le libéralisme communautariste de la Main Invisible du Marché.
Mais non, même si « les cultures religieuses du monde voient précisément dans cette exclusion du divin de l'universalité de la raison une attaque de leurs convictions les plus intimes. » Ratzinger die Sex Zehn se veut rassurant, car ce qu'il vise est le dialogue. Et s'il faut bien admettre la correspondance entre notre esprit et les structures rationnelles comme un fait, la Raison moderne scientifique, doit, elle se résoudre à confier la question sur la raison de ce fait donné, à d'autres façons de penser, soit à la philosophie ou mieux à la théologie. L'écoute des grandes expériences de la Foi chrétienne ne sont-elles pas source de connaissance ? Socrate lui-même n'a-t-il pas dit que haïr le discours sur l'être serait un grand dommage, insiste-t-il. Force est donc d'avoir le courage de s'ouvrir à l'ampleur de la Raison. Amen !
Pourquoi la Chrétienté Catholique s’est-elle octroyé pour Autorité suprême du pouvoir terrestre, un homme issu des jeunesses hitlériennes ? On en vient à regretter les prêtres-ouvriers, qui eux pressentaient et soutenaient l’idée d’un sujet qui n’avait d’autres Foi, que celle de son aliénation fondamentale à de la structure de langage.
À Auschwitz fin mai, Ratzinger Die Sex Zehn réduisit les nazis à un simple groupe de criminels !
 
                                                                              


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