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Das Geld
Das Geld
Il ne va pas du tout de soi que le savoir, d'être savoir, se sache comme tel.
C'est en quoi la question de la psychanalyse est de l'ordre du savoir et non de la connaissance ou de la représentation.
Ce dont il s'agit est de quelque chose qui lie, dans une relation de raison, un signifiant à un autre signifiant. Car c'est pour autant qu'il ne sait pas ce qui le lie, le lit que le Moi prétend tant, en savoir un bout. Et il y faut ses lapsus ou les mots d'esprit pour que éventuellement il s'interroge.
C'est que son savoir, comme Dieu l'a conçu, est à son image et donc à celle de son corps, une totalité close. Et pourquoi donc aurait-il à se croire divisé, puisque c'est bien lui qui décide.
Certes la connaissance lui témoigne qu'il existe une extériorité, mais c'est bien là, la preuve de sa compacité, puisque c'est bien lui qui proprioceptive.
D'ailleurs voyez tous ses sens sont en éveil, c'est donc qu'il à un sens.
Dans l'impératif de se trouver notre prématuré est impatient de s'y croire. Et dans sa grammatologie déictique, le toi à tôt fait de se collaber Moi, dans le refoulement du savoir inconscient qui présida à la métaphore dont il ne fût que l'issue.
Voilà donc notre animal, fort de la conscience instinctive qu'il a de lui-même, un dit vide usuel, asseoir la connaissance exacte de la physique de son corps voué aux solitudes de la mort, préférant méconnaître les embrouilles des arts inexacts de l'amour et du désir, où la parole règne en maître.
Si il est, c'est qu'il n'est que écriture métonymique de lui-même. Celle du niveau le plus bas de la langue, où les liens de causalité se réduisent à la contiguïté de leurs énoncés. Car pour ce qu'il en va des dimensions métaphoriques où le précipitent les ressemblances de ce qu'il entend des énonciations qui fondent les mythèmes de son désir, force lui faudrait-il d'y lire les modalités discursives qui font nid aux identifications qui président à ses modes de parler.
Dés lors, rien de plus simple que de se convaincre, qu'il vit au milieu des animaux, où chacun est là pour défendre, à la vie à la mort, tel un maître, ses possessions et ses territoires. Au pire s'admettra-t-il entité de la meute, du troupeau, sans trouver sens à quelque support supra sensible, pour faire élément d'ensemble.
Ainsi l'idée que le savoir puisse faire totalité s'installe, immanente à la politique.
Ainsi le maître mége, comme le chef mage, prenant appui de la vérité de l'idée qu'ils se font de la justice, se font les agents propres à produire dans les champs de l'exécutif, les lois coercitives de leurs législations.
Au sujet supposé savoir de l'homo Déiste, qui s'en remettait à Dieu et aux textes pour se faire une idée de son image, fit suite celui de l'homo scientiste, qui ne s'en remettait qu'à la co-naturalité de ses transcendances et donc de ses savoir-faire pour se faire une idée de lui-même. Le religieux ne pouvant éteindre tant de désir de savoir, ne put qu'admettre cette intrusion des prétentions introspectives de sa créature, dont la curiosité témoignait de la soif inextinguible. Le culte se fit donc aux métiers, de là à la réussite, pour enfin reprendre quelques ascendances en venant témoigner des sommets de sa prédestination dans la richesse.
Dès lors le sujet supposé savoir advenu homo économiste, s'appuyant sur la vérité de la connaissance de la productivité des langages formulaires, réduit le sujet à se faire l'agent propre à produire dans le champ des savoir, des objets de plus value.
Et voilà notre prolétaire sous l'emprise de la fascination à se croire un maître, puisque comme lui il est capable de produire sans fin du plus de jouir.
En veux-tu en voilà, en séries de pack et en pack de séries, de la prothèse à gogo !
Si il est si sûr de lui, c'est que là où il n'était qu'homme outil, qui ne savait que prolonger son bras, sa main, il est advenu homme instrument, qui érige les prouesses de sa technologie de sa capacité à manipuler les textes des écritures silencieuses de ses mathématiques. Et dés lors peu importe qui produit quoi pour qui et encore moins qui compte quoi pour qui et encore moins que moins (pour qui y se prend c'ui-là) qui vise à quoi pour qui ? De toute façon la vie n'est-elle point qu'une flèche ?
Car de fait ce que notre animal névrosé trouvera dans sa quête du viagrââl trompeur, ne sont là que facilitation de ses capacités proprioceptives. Sans doute, jouira-t-il plus mécaniquement de ses sex-toys, bandera-t-il plus physiologiquement de ses médications, mais il n'en restera pas moins sur le carreau des enjeux de ses désirs.
D'autant qu'ayant maintenant soulagé son angoisse d'une prothèse concrète le voilà de nouveau aliéné à l'idée de manquer.
Du coup, le voilà se devoir sécuritaire. Alors il garantie de la probabilité de longévité de son économie, il assure des projectives de ses calculs.
Mais la consommation s'analogise par co-naturalité mécanique, tel l'enlacement olympique, à l'irrépressible des besoins.
A ne prétendre générer que du plein, l'homo « Tu m'as plus value ! » ne fait advenir que désertification.
A méconnaître la castration où la jouissance trouve limite du savoir, l'homo économicus s'entretient dans la causalité de la folie de la belle âme, celle qui ne savait pas, qu'il était déjà mort.
Sous l'égide de la mondialisation, il ajoute aux guerres territoriales contre les ennemis extérieurs, les guerres économiques contre les ennemis intérieurs. Et voilà que ses élites dirigeantes déclarent la guerre au peuple. Mais celui-ci, d'être partout, menace en permanence ses expansions, alors il redouble ses appétits à régenter son monde en exigeant la lisibilité indubitable propre à la traçabilité de la moindre pensée.
Plus rien de délirant à imaginer après les nouveaux portiques douaniers où le passant se visualise dans le plus simple appareil, à nous voir bientôt contraints de porter constamment un casque affichant sur sa surface la moindre de nos pensées.
Car ce qui est vraiment insupportable au paranoïaque, c'est que les catégories identitaires qui fondent ses propres concepts de références ne soient pas inscrites en lettre de feu sur le front de ses interlocuteurs.
« Mais qui c'est donc celui-là ? » Et le voilà qui s'enlise dans l'imaginaire débridé qui préside à ses interprétations, à toutes ses projections dont il s'ignore le sujet.
Les neurosciences, fortes de leurs promesses à maîtriser les codifications génomiques pourront-elles le rassurer, quand à leurs capacités à décrypter le moindre de nos désirs ? Qu'a cela ne tienne, si elles devaient y renoncer, il leur reste quoiqu'il en soit loisible de formater à coup de laser le code génétique d'un sujet parfaitement robotisé.
Pourtant la pub elle-même vous le dit. Si mon désir peut légitimement, sans se trahir, souhaiter s'équiper d'un téléphone portable, ça n'est point tant pour recevoir l'appel, désinvolte de mon faire de l'instant, d'une chargée de conseil en placements financiers qui saura gérer mes économies, que pour le bonheur d'entendre ta voix me pénétrer le creux de l'oreille, pour y glisser les mots qui disent la détresse de ton désir à me savoir si loin et pour que ma libido vivifiée de tes attentes, donne à mes réponses la virilité propre à soulager tes ardeurs.
C'est à partir de la lecture de la vérité du savoir insu des marques dans nos corps qu'ont accumulés les ébats de nos étreintes, que prenant pour engrais l'objet indicible, perdu de toujours qui préside à nos ardeurs de répétition, nous produirons dans le champ des sujets dont nous nous constituons, les signifiants de l'instant qui se passe de durée, propre à actualiser dans l'absence, les voluptés du vécu.
Là où c'était la plus value, doit advenir le plus de jouir.
Là où l'oppression nous entraîne dans un toujours plus sécuritaire, toujours plus militaire, toujours plus policière, créant toujours plus d'asservissement aux lois du travail, faisons advenir une société qui favorise le temps pour rêver, une société qui réduit toujours plus les nécessités de ses besoins, une société qui se préoccupe non de son corps, mais surtout de celui des autres, jugulant ainsi ses appétits à vouloir tout dévorer. Mais le surendettement se fait toujours plus menaçant, dégageant des sur profits toujours plus oppressants. Et l'alternative ne serait que de relancer la marche en avant. Personne pour proposer une politique qui viserait à produire le moins possible, pour économiser le plus d'énergies possible, qu'elles soient fossiles ou d'huiles de coude.
Là où c'était l'économie des trente glorieuses de l'abondance, doit advenir une économie fondée d'économies de production. Encore un effort pour que nous ayons le courage d'adopter une économie de décroissance.
Les petits « a » qu'il vaut mieux avoir toujours chez soi sont ceux qui se réduisent à l'articulation signifiante.
« L'amour de la vérité...se gausse du manque à être de la vérité...un manque d'oubli qui se rappelle à nous dans les formations de l'inconscient...l'amour de la vérité c'est l'amour de cette faiblesse...que la vérité cache et qui s'appelle castration.
L'essence de l'amour ...c'est donner ce qu'on a pas... qui pourrait réparer cette faiblesse. » (Le seuil : L'envers de la psychanalyse, J.Lacan, p ; 57)
Paris le 25.10.08