Numéro 1 (Archives) >> Réellement

Réellement

 
 
René Lew
24 juillet 2006
 
 
                                               Réellement
 
C’est avec un tel appel au réel (doublé de son évidence) que s’organise la plainte de l’analysant dans la cure : voyez comme c’est indécrottable ! Ce n’est pas de mon crû, dit-il, c’est la réalité. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que le réel ne fournit aucune assurance. Le réel ment — bien loin que ce soit l’analysant lui-même, le réel ment de devoir avoir recours à l’objet pour se figurer. Or l’objet n’est que prise en compte du signifiant : quand le signifiant n’opère que dans l’échange (d’un signifiant à l’autre, d’un interlocuteur à l’autre, du sujet à l’Autre), l’objet (que Lacan nomme a) est propre au sujet, tributaire de l’énonciation dont ce dernier se fait support singulier. Le réel ment de n’entrer dans aucun échange, quelle que soit sa raison symbolique. À mon sens, c’est ce que Freud pointait comme le destin lié à l’anatomie. Ainsi l’anatomie ment-elle elle-même — au même titre que l’écriture fait butée du signifiant : avec la lettre le signifiant cesse de couler et se fige. (Lacan exemplifie cette évidence de la distinction qui n’est qu’écrite entre « les non-dupes errent » et « les noms du père »).
         Faire avec les mensonges du réel passe par l’inscription du sujet dans la structure : puisque le réel ment, autant se positionner comme on l’entend. Le « ressort pseudo-sexuel » (dixit Lacan) du réel appelle le discours qui en permette la répercussion comme mi-dit.
 


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