Sicolas Narkozy ou l'art de l'endormissement par retournement
Frédéric Nathan Murat
Et voilà que les partisans de la Royauté entamaient la Marseillaise ?
Dans quel monde se trouvaient-ils donc ?
« Travail, Autorité, Respect, Mérite », entendit-il, sans vraiment comprendre.
De quel travail s'agissait-il ? De celui relevant des systèmes, qui se terminent le plus souvent à la chaîne, ou de celui structurant des invites à l'apprentissage de la lecture? Mais personne semblait-il ne se posait même la question, de savoir qui disait quoi à qui ?
L'autorité était-elle celle d'un Dieu le père primitif, institué universel, incarné Despote sous le sceau du discours scolastique, qui se vengeait par le biais de celui qui avait présidé à sa destitution, le suffrage universel, en installant ses « coralitos ».
Ou bien était-ce l'autorité d'un Dire primitif, tirant des effets de sa métaphore, une fonctionnalité paternelle, invite au jugement, aux seules fins de laisser libre cours à la lecture, à la parole, à l'écriture ?
Car il était clair qu'en matière de Respect, ne pouvaient être respectés que les gens respectables. Quand au Mérite, là aussi, force était de savoir qui méritait quoi, pour quoi et pour qui ?
Mais dans ce pays, la main mise était celle de l'intérieur sur la justice et chacun se devait de se formater aux vides du discours, qui, aux noms de toutes les misères et de tous les opprimés, intimait maintenant aux mémoires de se taire, pour ne pas risquer attiser les haines de leurs rivalités
Il faut dire que le programme avait été clairement annoncé, « les promesses n'engagent que ceux qui y croient » Mais dans la surdité d'une acoustique saturée, personne ne semblait bien entendre.
Et comme l'autorité Législative était entièrement sous tutelle de l'autorité Exécutive, qui prévoyait qu'elle y reste, le fraîchement élu pouvait s'en donner à coeur joie.
Les sondages avaient déjà repris leur rôle stratégique à tarer la balance, en assenant l'assertif de leur prédiction, fatidique à façonner les pesées. D'autant qu'ils étaient le culte des médias, ravies de pouvoir tirer le voile, sur cette campagne, qui se réclamait de vérité, d'honnêteté et de clarté.
C'est que le Printemps se voulait Démocratique. Du coup tout était blanc comme un linceul.
La preuve ultime que le despote était prédestiné se trouvait dans sa totale virginité.
N'était-il pas la victime de tous ces maudits, qui n’étaient qu'envie. Lui n'était en rien mêlé au pouvoir des mafias, comme de leurs finances occultes. Il ne traînait pas, lui madame, avec les voyous, pas même ceux en cols blancs, dont les médias, qui leur appartiennent ne parleront bien évidement pas. Pas de droits sans devoirs, se disait-il, à entendre, sans devoirs de réserves, car côté obligation civique, la haute finance, comme la droite avaient coutume de s'asseoir dessus.
Que voulez-vous, « chacun sa chance, mais il faut la mériter » car pour lui la chance n'était pas de se confronter à l'inaccessible inestimable objet du désir, la chance était de faire l'Un. « Jeder das Sein ». Du coup, il générait autour de lui toute une foultitude de Un, qui s'y croyait l'Un, puisqu'il soutenait qu'il y en avait de l'Un. Ils étaient l'Un, de l'Un, de l'Un, de l'Un....
Et ceux qui doutait de sa politique, en invoquant les effets de celle qu'il avait mené pendant cinq ans partagé entre les finances et l'intérieur, n'étaient que des menteurs, lui cherchant mauvais procès, car ça n'était pas vraiment la sienne et puis il avait changé et elle n'était pas si mauvaise.
Bon, ça suffisait, ça n'était pas lui le salaud, c'était elle et tous les autres qui ne savaient porter que des coups bas. Tous les méchants, qui voulaient démonarchiser le régime, que dis-je, la France. Et si lui était tant populiste, c'est qu'il était Bonapartiste. Que voulez-vous, c'est qu'il se veut impérial et non Royal. Et après avoir été la vierge, il est maintenant son fruit, celui qui ouvre les bras.
D'ailleurs, il interdira les grèves afin que vous ayez mieux que le service minimum et aux querelles de salariés patrons, il va substituer la sélection : ou salariés aux ordres ou assistés aux dépens.
C'est qu'il est le Généreux, le Fraternel, celui toujours prêt à tendre la main, pour mieux désarmer ses adversaires, tous ces opposants, pas Généreux, pas Fraternels, qui ne tendent pas la main et dont il se promet de tordre les doigts.
Il a réussit à réconcilier Gaulliste et Pétainiste, droite classique et extrême droite, au point que les centristes chrétiens de droite n'y ont vu que du feu.
Les seules choses bien que l'on pouvait attendre de lui, c’étaient ce qu'il pouvait emprunter à ces opposants, qu'il réussissait à séduire pour en faire des sympathisants. Mais c'était un grand magicien. Homme de la haute finance, il réussissait à se faire passer pour l'homme du peuple et de la rupture. C'était un mystificateur, qui faisait tout autre chose, que ce qu'il disait faire.
C'est que les canailles, dont il était le représentant, manipulaient allégrement les naïfs et claquaient le bec de ceux qui réclamaient de l'éthique, en les accusant de vouloir donner de mauvais coups. Ainsi se trouvaient-ils forcément majoritaires.
D'autant qu'il aimait à jouer de l'image, qui comme la musique va bien plus vite que les discours.
C'est qu'elles ne réclament pas forcement l'entendement, refoulé derrière l'intuition et ouvrant libre cours aux manipulations des synthèses imaginatives. Du coup, il nous la joue sexe et nous exhibe ses claudettes, la blanchette, la beurette, la blackette.
Et attention, elles en veulent et elles en croquent, les gonzesses.
Attention les mecs, gare aux trauma.
La réussite en politique n'est pas autre chose qu'une campagne de pub, un match de boxe truqué, un faux départ bien avant l'heure travestie échappée cycliste.
Et l'homme réputé vraie terreur se révèle sous lexomyl angélique.
Personne ne s'était offusqué de ses usurpations, de toutes ses références aux grands noms de la gauche, qui évoquaient pourtant des périodes de progrès, qu'il honnissait et qu'il se promettait de dépecer. Personnes n'avait cité les noms de ceux de son clan, de ceux qu'il fréquentait. Bouygues, Lagardère, Arnault, Bolloré...
Bon, l'homme orchestre avait décidé de la politique à mener :
Les bourgeois, on en fait des prolétaires.
Les prolétaires, on en fait des lumpens.
Les lumpens, on en fait des déshérités, SDF.
Les SDF, on les vire.
C'est que ségrégation et exclusion entretiennent les frérocités, qui paralysent les luttes.
Et voilà qu'il nous fallait maintenant assister aux génuflexions de la république pour la couronne. Et personne pour s'insurger de voir la première dame de France rendre hommage et soumission à la Reine d'Angleterre, bafouant l'idéal même qu'elle est supposée représenter. Exhérédant la République de sa Révolution, pour s'en remettre aux mains, qui ne se baisent, des royautés divines.
Et il nous faut croire, que ce fût son initiative personnelle. Et si tant est, qu'est-ce que ses choix personnel viennent faire, dans l'usage qu'elle doit faire de l'autorité de sa fonction en représentation ?
Les Français ont élu pour président, un homme qui ne se préoccupe que de ses intérêts et quand il s'occupe de ceux du peuple Français, c'est pour mieux lui livrer la guerre économique. Il avance de cave en cave, obligeant ceux qui s'y sont réfugiés, à le suivre devant, de front en front. Et pour mieux poursuivre, il se pose en victime expiatoire de sa nécessaire stratégie, au nom de la réal politique de la mondialisation.
Il est décidé à démanteler tous les acquis sociaux obtenus de hautes luttes.
1789 La constitution des Droits de l'homme.
1905 Loi de séparation de l'église et de l'état. Loi sur l'éducation obligatoire.
1936 Les congés payés.
1945 La sécurité sociale.
1968 Les murs ont la parole et non des oreilles et des yeux.
Et le peuple se soumet à la multiplication des lois supposées le protéger, quand elles ne sont que le maquis naturel de la finance qui le persécute.
C'est qu'il est honnête. Il reconnaît les problèmes et s'y attaque vraiment.
Villiers le bel n'est pas le fruit d'une crise social, elle est le fait d'une voyoucratie. Sans doute, car elle est de celle qui invite les gendarmes à sévir et non à assumer leur responsabilité dans l'accident. Pourtant, quoi qu'il en soit, ce qui est sûr, c'est que ces jeunes, ils ne les ont pas ratés. Mais notre président donne blanc seing aux policiers pour frapper encore, car de toutes façons les voyous et autres trafiquants, il est bien décidé à les poursuivre jusque dans les chiottes des cours d'assises.
Plus de sanctions, mais pas plus d'argent, ni de moyens. La démagogie à outrance, diviser pour régner. Soutenir les gentils et punir les méchants, qui ne veulent pas s'en sortir, en se levant tôt le matin. S'en sortir ? Mais de quoi donc ? Du trou où ils sont maintenus, enterrés ?
La police de quartier n'aurait rien évité et mieux vaut se garder de toute familiarité, de toute solidarité entre la population et les corps armés. Et puis d'ailleurs, la police n'a pas tiré. Nous laissant ainsi supposer qu'il serait naturel que par nature, elle le fit.
Je n'accepterais pas que l'on frappe un professeur, nous déclare notre nouveau proviseur, nous laissant là aussi supposer que tous les autres, seraient eux, favorables à le tolérer. Aurait-il donc vocation à se substituer à la responsabilité de chacun, qu'il suppose irresponsable ? Aurait-il vocation à s'occuper des faits divers ?
On n’a pas voulu les humilier, ajoute-t-il, comme à regret, mais ceux qui cassent les services publics doivent savoir, qu'ils auront à en rendre compte à la justice.
Car pour lui, ce sera devant l'histoire, ou rien n'est moins sûr, qu'il y soit retenu comme garant de la probité pour l'intérêt national.
En attendant, il met en place une judiciarisation de la jeunesse.
Moins de protection et plus de Pénal. Modification de l'ordonnance de 45 sur la protection des mineurs délinquants. Suppression du parquet pour les mineurs et réduction de la valeur symbolique de la loi, qui ne régit plus le civil.
Et voilà que les enfants de moins de treize ans sont interdits d'enfance et se doivent comme les adultes d'être responsables.
Mais voyez donc jusque où, nous entraîne la perversion de sa démagogie, qui voudrait nous faire croire que la violence est une question d'ordre contre un désordre, alors qu'elle est toujours une question d'ordre contre un autre ordre.
La liberté consiste à obéir aux lois qu'on s'est donné et pour que chacun y adhère et les respecte, encore faut-il qu'elles ne soient pas iniques. Seule la servitude contraint elle, à se soumettre à une loi étrangère.
La violence individuelle n'est que le produit de la violence sociétale. Car il n'est pas de violence sans pacte.
« Retirez à ceux qui ont beaucoup, pour donner à ceux qui n'ont rien. » recommandait pourtant Mitterrand, l'un de ses proches prédécesseurs.
Que penser d'une société, où les jeunes n'ont plus la place de poser leurs livres ?
Mais lui pour rassurer n'a que sa bonne foi. N'est-il donc pas courageux, de se mettre avec constance ainsi en avant ? Bien sûr, il se contrefout d'établir un diagnostic, et le mieux être du patient, dont il n'a rien à battre, il vous fait croire qu'il s'en occupe en vous fascinant des panoplies de ses panacées.
Les nouvelles technologies réalisent l'impossible de notre condition naturelle. Elles réussissent à nous boucher les oreilles. Et l'on peut sérieusement s'interroger sur ce qui peut s'entendre au royaume du capital.
Ce qui est sûr avec sicolas, c'est qu'on est dans le décor.